Design process

Conception personnelle 3/3

Do it yourself

Depuis quelques années maintenant, on remarque un retour aux loisirs créatifs et au « fait mains » (bricolage, jardinage, décoration, couture etc. qui est le let motive des sites Etsy ou DaWanda. Ces plateformes internationales permettent d’acheter et de vendre des produits fait mains. Dans cette même tendance, celle du do it yourself (fais le toi-même), qui est apparue dans les années 70 et tient ses racines du mouvement punk qui en opposition d’une société d’ultra-consommation, proclamait l’autogestion, l’auto-organisation, l’autonomie, l’indépendance :

« Nous n’avons pas besoin de compter sur de riches hommes d’affaires, qui organiseront notre passe-temps dans leur intérêt. Nous pouvons le faire nous-mêmes et dans un but non lucratif. Nous, les punks, sommes tout à fait capables d’organiser, de diriger et d’assister à des manifs, de sortir des disques, de publier des livres et des fanzines, de mettre en place des distributions par correspondance pour nos produits, de tenir des magasins de disques, de diffuser de la littérature, d’encourager les boycotts et de participer à des activités politiques. Nous faisons tout cela, et nous le faisons bien. »

extrait de La philosophie du punk de Craig O’Hara.

Moins autoritaire aujourd’hui, le mouvement DIY explose grâce aux technologies de l’information, principalement Internet. Internet a permis de rendre accessible les informations et les outils. Si les web permettait de rendre accessible du contenu, le web2.0 à permis de rendre les utilisateurs d’internet créateur de contenus (journaliste, photographe, réalisateur…). Les amateurs passionnés prennent le pouvoir! Des sites spécialisés dans le Do It Yourself comme Instructables regorgent de tout types de modes d’emploi, plus ou moins détaillés, plus ou moins utiles mais ils sont présents. D’autres se sont spécialisés dans l’auto-construction de maison individuelle, dans la fabrication maison d’imprimante 3D : faire son propre appareil photo numérique, faire son propre vélo, faire sa propre imprimante 3D, faire sa propre maison etc., aujourd’hui il est quasiment possible que tout le monde puisse tout faire. Enfin le mouvement DIY est très étroitement lié au monde numérique. Linux est le plus bel exemple.

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Certains auto-produisent seul, mais d’autres ont déjà pensé à une auto-production en groupe. Cela donne naissance aux usinettes, des petites usines : ), ou au principe des coopératives. On assiste aussi au développement des HackerSpaces qui sont des lieux dans lesquelles se ressemblent les membres de la « communauté » do it yourself. Serions-nous en train d’assister à la création de micro sociétés autonomes et auto suffisantes?

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Ce schéma proposé par l’Institut pour le futur (IFTF) synthétise les acteurs, les tendances, et les implications concernant le DIY. On distingue ainsi plusieurs leviers : la sociabilité, la motivation économique, la quête d’authenticité, la valorisation du professionnel-amateur, l’accessibilité (“Si vous ne pouvez l’ouvrir, il ne vous appartient pas !”) et la volonté de tout rendre accessible en open source. Téléchargez la carte (.pdf).

Le retour au fait mains s’explique selon les sociologues par le fait que cette population pratique une activité professionnelle intellectuelle ou dans le domaine du service. Faire à la main serait en quelque sorte une manière de sortir du quotidien, un besoin d’accomplir des choses manuelles et de revenir aux sources, comme l’écologie qui est bien sûr également une prise de conscience environnementale et sociale. Si l’on se fie à la pyramide des besoins de Maslow, la conception personnelle se situerait en haut de cette structure, c’est à dire dans l’accomplissement personnel, dans l’estime de soi.

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L’accès et la diffusion de l’information sont des variables dans le principe de conception personnelle. Pour faire un bilan de cette étude, je distingue 3 ou 4 types de conceptions personnelles :

  • consommation classique, non-conception personnelle
  • customisation, conception limité
  • l’objet à finir/poursuivre ou l’assemblage créatif, conception contextualisée, on achète un pouvoir de conception
  • le DIY, conception totale

Enfin je terminerai, par une question posée par le magazine InternetActu à Alexeandra Deschamps-Sonsino qui dirige l’agence de design Tinker.it!.

IA : Pourquoi est-il si important – si ça l’est pour vous – de concevoir les choses soit même ?

ADS : C’est important. L’internet nous a permis de faire plein de choses avec nos vies en ligne… et nous a donné envie de faire la même chose avec les objets de tous les jours.

Depuis la révolution industrielle, on a beaucoup créé de dépendances aux produits déjà fabriqués, déjà organisés. Le mouvement DIY (Do It Yourself, Faites-le vous-mêmes) qui se développe depuis 2 ans, réunit une communauté qui ne veut plus accepter des produits tout finis, tout cuits. Cette nouvelle vague de hackers (bidouilleurs) essaye de regarder ce qu’il y a l’intérieur, alors que les conditions d’utilisation n’encouragent pas les gens à regarder ce qu’il y a l’intérieur de ce qu’ils achètent. Le mouvement DIY a pris de l’essor au-delà de la communauté de hackers qui l’a vu naître. En ces temps de récession économique, le DIY est une façon de résoudre des problèmes, de réduire les coûts et de proposer des alternatives auxquelles le marché n’a pas forcément apporté de solutions.

Ce mouvement n’est plus underground, mais il commence a essaimer dans de plus grandes communautés, par exemple autour de la confection de bijoux ou de vêtements : les gens réalisent eux-mêmes les produits et les vendent en ligne, comme dans le cas d’Etsy ou de Folksy. Je pense qu’il y aura de plus en plus de micro marché pour les produits que les gens décident de faire eux-mêmes. Le DIY devient un outil pour la microproduction, permettant à chacun de créer son propre business, de fabriquer 20 exemplaires et de voir ce qu’il se passe. Le DIY est finalement important pour sortir du carcan de la mégaproduction. Avant, il fallait un grand marché potentiel pour lancer un produit. Avec l’internet et des plateformes comme Arduino, chacun a accès à sa micro production.

Ressources :

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